Naître en enfer
Le mythe de la sécurité de l'accouchement à l'hôpital
par Jock Doubleday
© 1987–2001 Midwifery Today, Inc. All Rights Reserved. Tous droits réservés.
[Editor's note: This is a translation of Out of the Womb, into the Fire published in Midwifery Today Issue 50, Summer 1999.
[La note du rédacteur: Traduction de Out of the Womb, into the Fire publié dans Midwifery Today No. 50, été 1999.
Traduit de l'anglais par Marypascal Beauregard et Bernard Bel
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En réponse à l'article de Nina Shapiro, Birth control, paru dans
le Seattle Weekly le 26 novembre 1998
Tuer le mythe
Lorsque vous tuez un mythe, c'est comme une naissance. Je sais que c'est
vrai car j'en ai moi-même tué un, il y a quelques années,
avec l'aide du mythoclaste ou tueur de mythe, Joseph Chilton Pearce.
Au début des années 70, Pearce a écrit un livre
intitulé Magical Child. Malgré son langage technique, et
bien qu'il se réfère surtout à des publications médicales,
ce livre s'est vendu à de très nombreux exemplaires et on
le trouve encore en librairie vingt ans plus tard.
La thèse de Magical Child est que le potentiel humain se situe
largement au delà de ce qui est couramment admis et que certaines
pratiques culturelles sont à l'origine de notre affaiblissement
collectif. Pearce affirme qu'une de ces pratiques dommageables est la
médicalisation de l'accouchement, conçu pour contrecarrer
virtuellement toutes les étapes que la nature a planifiées,
depuis trois millions d'années, pour accomplir le miracle de la
naissance.
Pearce décrit avec une minutie consternante le drame de la «cascade
d'effets» de l'obstétrique moderne, où toute intervention
en entraîne une autre: comment les analgésiques ralentissent
les mouvements synchronisés par lesquels l'enfant est expulsé
de l'utérus, prolongeant le temps d'expulsion et le transformant
en torture; comment le ralentissement du travail augmente la peur chez
la mère; comment la peur chez la mère amène ses muscles
utérins inférieurs à se resserrer, stoppant ainsi
le travail et causant une douleur intense parce que les muscles supérieurs
continuent à se contracter; comment l'augmentation de la douleur
de la mère justifie une augmentation de la médicalisation
(chaque dose traversant la barrière placentaire pour atteindre
l'enfant en moins de 45 secondes) détruisant ainsi l'échange
hormonal subtil entre la mère et son enfant; comment l'enfant drogué
est incapable d'envoyer le signal hormonal «je suis prêt»
à sa mère, excluant donc la possibilité d'un accouchement
vaginal; comment la convalescence de la mère, après une
césarienne ainsi «justifiée», l'empêche
de créer un lien affectif avec le nouveau-né au moment critique
suivant la naissance; comment cet enfant fortement drogué est incapable
d'interagir avec son entourage et d'engager un apprentissage primaire;
comment l'absence d'attachement (ce que Pearce nomme «un endroit
sécuritaire où se camper») affecte l'enfant pour le
reste de sa vie; comment la dépression post-partum est un résultat
direct d'un mauvais usage de la technologie.
La dévote
Ainsi, c'est avec un peu de consternation que j'ai lu l'article de Nina
Shapiro: Birth Control, dans le Seattle Weekly.
Dans cet article, Shapiro prône l'usage des médicaments
analgésiques pour l'accouchement—sachant que ces médicaments
seraient sans danger pour la mère et son bébé. Elle
soutient que le «culte» de l'accouchement naturel a étouffé
l'information relative à la réelle ampleur de la douleur
de l'accouchement, ce qu'elle appelle l'intensité de son «canal
racine». Elle prétend que les membres de ce culte «culpabilisent»
les femmes dans le urs choix de méthodes d'accouchement, tout en
leur en suggérant d'autres qui sont inutilement douloureuses, que
le culte lui-même est dirigé par des gourous sans jugement,
que pour le «bien-être» durant l'accouchement un choix
réellement éclairé amène inévitablement
à l'usage de la technologie obstétricale la plus avancée,
et que la technologie est une planche de salut pour des femmes qui cherchent
désespérement à éviter le travail d'Ève.
Ses arguments sont—je pèse mes mots—dénués
de tout fondement. Ils sont composés d'un rabâchage de «vérités
mythologiques», de croyances qui ne sont pas exactes, mais crues
sur parole par la population en général. La croyance que
la terre est plate, ou que ceux qui soignent avec des plantes sont démoniaques
et devraient être brûlés sur un bûcher, sont
des exemples de vérités mythologiques aujourd'hui tombées
en désuétude.
La manière dont Shapiro nous assène, sans s'encombrer de
faits, et ramenant tout à sa personne: «Je n'avais aucune
envie de faire du sentimentalisme dégoulinant», personnifie
un style d'écriture dont la vérité fait toujours
les frais. Elle affiche une confiance en elle-même qui n'a d'égal
que son ignorance. C'est un coup bas en dessous de la raison, une tentative
de nous convaincre par la seule brutalité de ses affirmations.
Sa théorie selon laquelle le mouvement de la naissance naturelle «insiste
sur la sensation de douleur de la femme» est tellement aux antipodes de la vérité
qu'on pourrait en rire si elle n'était pas aussi dangereuse. Sa croyance que
«pour répondre aux besoins de mon enfant il faudrait que je renonce aux
miens» est d'une vacuité sans fond. En tant que chercheur dans ce domaine
de la naissance, depuis huit ans, je pense que le seul intérêt de l'article
de Shapiro serait de figurer dans son journal intime.
Shapiro se voit elle-même comme une personne sage, éveillée
et avisée, une «débusqueuse de mythes», une «exploratrice»
découvrant des vérités ensevelies par une petite
mais puissante faction de victimes d'un lavage de cerveau. Mais le territoire
qu'elle prétend explorer a déjà été
défoncé au bulldozer, aplani et goudronné depuis
50 ans déjà: elle me fait penser à un Christophe
Colomb partant à la découverte de l'Espagne!
Les principaux traits du paysage de son «meilleur des mondes»
sont l'analgésie péridurale, l'épisiotomie, la césarienne,
et une capitulation inconditionnelle devant les exigences de l'institution
hospitalière.
Les «prémisses»
Tout en prônant le «choix éclairé», Shapiro se garde
bien de rechercher des informations. Même si elle nous fait part de son désir
«d'apprendre» au sujet de l'accouchement, nous découvrons que ses
lectures se sont en fait limitées à deux ouvrages, qu'elle regarde
d'ailleurs tous deux avec dédain:
Pregnancy, Childbirth and Newborn, parce qu'il parle de «savourer» l'expérience
de la naissance, et What To Expect When You're Expecting, auquel elle reproche d'être
trop «sentimental» et trop complaisant vis à vis des pratiques
d'accouchement des cultures traditionnelles.
A propose de ce qu'elle désigne comme pratiques de naissance des sociétés
«primitives», Shapiro écrit (avec son arrogance habituelle): «Tout
y est tellement naturel que le taux de mortalité infantile est épouvantablement
élevé…» Parmi tous les «faits» dont se prévaut
la «bulle» mythologique de la sécurité de l'accouchement
médicalisé, c'est celui qui, je crois, est responsable du grand nombre
de décès d'enfants dans le monde civilisé.
Car, même s'il est vrai que, en comparaison avec les taux de mortalité
infantile de l'Ouest, ceux des cultures traditionnelles sont élevés,
la différence ne tient pas aux pratiques d'accouchement, mais à la
maladie. Comme John Robbins l'écrit dans son ouvrage Reclaiming our Health
(1996), mythoclaste autant que méticuleux au niveau de la recherche:
Le déclin historique des taux de mortalité maternelle et infantile,
ainsi que de morbidité (maladies et blessures) dans la civilisation occidentale
n'est pas dû aux interventions médicales obstétricales. Ces gains
sont plutôt liés au développement des antibiotiques, à
l'addition de vitamine D dans le lait (pour prévenir le rachitisme), aux progrès
de la santé publique, des conditions sanitaires et de nutrition, à
l'amélioration des conditions de travail des femmes, et à toutes les
autres mesures qui ont amélioré la santé maternelle avant l'accouchement.
La littérature médicale abonde d'études qui révèlent
que les pratiques fondamentales de l'obstétrique moderne, utilisées
de manière routinière, ne sauvent pas des vies. En fait, les études,
les unes après les autres, nous démontrent que ces pratiques induisent
de plus hauts taux de mortalité tant chez les mères que chez les bébés. [C'est moi qui souligne]
Ce que les statistiques démontrent en essence, c'est que les antibiotiques
et d'autres percées en santé publique ont sauvé plus
de bébés que la routine obstétricale en a tués.
En effet, dans tous les pays développés, y compris les États-Unis,
l'utilisation de routine de la technologie obstétricale conduit à
une mort infantile 2 à 19 fois plus souvent qu'un accouchement accompagné
par une sage-femme. (Chamberlain, et al., dans Sheila Kitzinger, Homebirth, 1991)
(Par «utilisation de routine» on entend une utilisation pour des naissances
qui ne sont pas à haut risque.)
Pour les seuls États-Unis, dans les 50 dernières années,
la routine obstétricale est directement responsable d'au moins
1 282 500 décès d'enfants. (Doubleday, «Obstetricians should
be heroes», 1998, http://www.gentlebirth.org/nwnm.org)
La routine provoque également une augmentation des taux de morbidité
infantile (Henci Goer, Obstetric Myths versus Research Realities, 1995,
p. 332), une augmentation des taux de mortalité et de morbidité
maternelle (ibid.) et des taux plus élevés de maltraitance
des enfants, notamment pour ceux nés par césarienne (Nancy
Cohen, Open Season: Survival Guide for Natural Childbirth and VBAC in
the 90s, 1991, p.25).
La peur
«En vérité, depuis longtemps j'ai peur de l'accouchement»
écrit Shapiro.
Enceinte au moment d'écrire son article, elle admet qu'elle veut
apprendre «tout ce qui pourrait rendre son expérience plus
facile». Relatant l'histoire de l'accouchement naturel de sa propre
mère, elle écrit: «Elle me l'a décrit comme
une sensation d'être déchirée en deux». En faisant
les gros yeux au mouvement d'accouchement naturel, elle ajoute: «On
y montre du doigt toute femme qui ose rechercher un soulagement [médicamenteux]
au tourment tout naturel de l'enfantement».
Mais est-ce que la douleur de l'enfantement est vraiment normale? Ou
nécessaire?
Les partisans de la naissance technologisée croient que la douleur
de l'accouchement est une nécessité biologique, mais c'est
faux.
J'ai par exemple une amie qui m'a décrit son premier accouchement comme
«pas vraiment douloureux». Certes, son régime alimentaire est quelque
peu marginal: fruits et légumes crus biologiques, pain complet bio, noix
et graines crues et biologiques, aucun laitage, aucune viande ou sucre raffiné.
J'ose parier que dans notre culture occidentale, une future maman sur 10000 aurait
un régime alimentaire aussi strict (mais que beaucoup plus ont un régime
strictement malsain)… Mon amie fait aussi régulièrement du sport
et vit souvent accroupie. J'ose parier que dans notre culture occidentale, pas plus
d'une future maman sur 10000 utilise régulièrement la position accroupie.
La science n'a pas conclu qu'une mauvaise alimentation et un travail
physique insuffisant sont la cause de douleurs lors de l'accouchement.
Les études n'ont pas été faites. La science rejettera
donc l'histoire de mon amie comme «une évidence anecdotique».
Abandonnons donc exercice et régime, et passons à la peur.
La science a conclu que la peur est certainement un déterminant
majeur de la douleur lors de l'accouchement. Nancy Griffin écrit
dans «The Epidural Express: Real Reasons Not to Jump on Board» (Mothering
Magazine, printemps 1997) que:
La raison principale de la douleur dans un accouchement normal est…le syndrome
peur-tension-douleur.… Notre organisme nous fournit de puissants instincts durant
l'accouchement. Le premier est le besoin de se sentir en sécurité et
protégé. Tous les mammifères cherchent instinctivement un endroit
sombre, retiré, et le plus important, sécuritaire, pour accoucher.
Durant l'accouchement, les mammifères semblent dormir et ferment les yeux
pour tromper des prédateurs potentiels. Ils respirent normalement, et certains
(qui ne transpirent pas) peuvent haleter pour se refroidir. Les humains pourraient
atteindre plus facilement un stade de relaxation en fermant les yeux et en faisant
des respirations abdominales. Cette relaxation ralentit aussi les ondes du cerveau
de la femme accouchante dans ce qu'on appelle un état alpha, état dans
lequel il est virtuellement impossible de relâcher de l'adrénaline,
l'hormone de la peur. Le besoin de confort physique devient critique, comme celui
d'avoir un «nid» prêt pour le bébé. L'environnement
hospitalier provoque souvent de nombreuses intrusions non-intentionnelles dans l'atmosphère de la naissance en imposant un éclairage excessif, beaucoup de monde, du bruit, des examens, et des machines suscitant la peur.
Comment au juste la peur de la mère peut-elle susciter de la douleur?
Griffin explique:
Le muscle utérin est admirablement conçu pour négocier efficacement
avec le danger, la peur et le stress durant le travail. L'utérus est le seul
muscle du corps qui contient en lui-même deux groupes de muscles opposés—un qui induit et poursuit le travail, et l'autre qui stoppe le travail si la
mère est en danger ou effrayée. Le stress émotionnel ou physique
signalera automatiquement le danger à un mammifère accouchant. Son travail ralentira ou s'arrêtera complètement pour qu'elle puisse
s'enfuir en sécurité. En nos temps modernes, ça se détraque.
Nous ne pouvons fuir nos peurs—qui peuvent inclure les «histoires d'horreur»
de nos amies à propos de leurs accouchements—ni nous enfuir de notre hôpital
ni loin de notre médecin. Alors, il y aura un relâchement d'adrénaline
qui causera la contraction des muscles circulaires courts dans le tiers inférieur
de l'utérus. Ces muscles sont responsables de l'arrêt du travail en
fermant et en serrant le col. Le résultat sera que nous «mijotons»
littéralement dans l'adrénaline. En même temps que les fibres
musculaires longues et droites se contractent pour effacer et dilater le col, les
fibres courtes et circulaires du bas de l'utérus se contractent aussi pour
fermer le col et «combattent» le travail. Le résultat? La très réelle douleur de deux muscles très
puissants tirant dans des directions opposées chaque fois que la femme accouchante
a une contraction.
Ayant établi un lien direct entre la peur et la douleur, Griffin
conclut:
En apprenant la relaxation profonde au niveau mental, physique et émotionnel;
en confrontant activement nos peurs liées à l'accouchement et en choisissant
un environnement de naissance dans lequel elle se sent protégée et
en sécurité, la femme accouchante n'aura pas à expérimenter
la douleur traumatique du syndrome «peur-tension-douleur».
Suzanne Arms, une figure bien connue dans le mouvement d'accouchement
naturel, écrit dans Immaculate Deception II: Myth, Magic and Birth
(1994):
La télévison, la presse et les histoires de naissances
se focalisent sur le caractère dramatique et les dangers de la
naissance… Peut-être que la chose la plus importante que quelqu'un
puisse faire pour une femme sur le point d'accoucher est de l'aider à
se défaire de ses idées préconçues et à
diminuer les peurs qu'elle a accumulées toute sa vie par rapport
à l'accouchement.
L'express de l'épidurale
«Quelque part durant le processus», songe Shapiro, «le mouvement
amorcé pour redonner le pouvoir aux femmes enceintes de faire des choix éclairés
par rapport à la naissance de leur enfant, s'est muté en une campagne
de pression, culpabilisatrice, sur la manière correcte d'accoucher, à
savoir, la version 'naturelle', non-médicalisée N'est-il
pas significatif…que ce mouvement prétenduement féministe soit
celui-là même qui insiste sur la nécessité pour la femme
de ressentir la douleur?»
Prenant connaissance de la liste des effets secondaires potentiels de
diverses drogues analgésiques, elle écrit: «C'est comme
lire un emballage d'aspirine: oui, ça peut causer des tintements
d'oreille ou une perte d'audition, mais est-ce que le risque est assez
grand pour empêcher une personne raisonnable d'en prendre?»
Etudions donc les risques associées à l'administration de drogues
analgésiques durant l'accouchement, en commencant par les risques pour l'enfant
in utero. Nancy Griffin (Mothering Magazine, printemps 1997) écrit:
Tous les dosages d'analgésiques sont déterminés par le poids
corporel de la mère… Comme le poids de la mère est approximativement
20 fois celui de son enfant non-né à terme, il y a presque toujours
un risque que son enfant reçoive une dose trop élevée—peut-être
le fait le plus préoccupant quand on parle de l'usage de médicaments
durant l'accouchement. Après la naissance, le nouveau-né métabolise
ces médicaments partiellement via ses fonctions hépatiques. Comme le
nouveau-né arrive dans le monde avec un foie immature, la métabolisation
des médicaments augmente l'incidence et la gravité de la jaunisse néonatale.
L'ouvrage de référence des médecins (Physician
Desk Reference, PDR) [équivalent du «Vidal», NDLT], qui
sert de référence pour toute information au sujet des médicaments,
leur usage, les précautions, effets secondaires, etc., indique
à propos des dérivés de caïne utilisés
dans les péridurales: «Les analgésiques locaux traversent
rapidement la barrière placentaire (par diffusion passive), et
lorsqu'ils sont utilisés pour des blocs épiduraux, l'anesthésie
peut causer, à divers degrés, une toxicité maternelle,
fœtale et néonatale. Les réactions adverses dans la mère
et le bébé entraînent une altération du système
nerveux central, du tonus vasculaire périphérique, et de
la fonction cardiaque.»
Les recherches effectuées dans les cinq dernières années
(1992–1997) sur les effets sur les nouveau-nés de l'analgésie péridurale
montrent que la péridurale provoque de plus mauvais résultats neuro-comportementaux,
une diminution du tonus et de la force musculaire, qui affecte sa capacité
de succion, ce qui peut amener des difficultés d'allaitement, une dépression
respiratoire, une plus grande incidence de variabilité cardiaque, et par le
fait même une augmentation de l'usage des forceps, ventouses, césariennes
et épisiotomies.
Griffin nous donne une liste des effets secondaires pour la mère:
Le PDR nous donne la liste suivante d'effets secondaires possibles du
côté maternel pour les dérivés de caïne:
hypotension, rétention urinaire, incontinence fécale et
urinaire, paralysie des extrêmités inférieures, maux
de tête, maux de dos, méningite septique, ralentissement
du travail, besoin acrru de forceps ou de ventouse, paralysie des nerfs
crâniens, réactions allergiques, dépression respiratoire,
nausées, vomissements et convulsions.
Une revue de la littérature scientifique rapporte qu'en moyenne
70% des femmes qui recoivent une péridurale durant le travail font
aussi l'expérience de ses effets secondaires. Les plus communs
sont: la rétention urinaire post-natale, de sévères
maux de dos, une perte de motricité, un travail prolongé
pour le premier et deuxième stade, un mauvais positionnement du
bébé à la fin du deuxième stade, de l'hypotension,
et chez le bébé, une médiocre organisation motrice.
Des risques très rares mais non négligeables incluent des traumatismes
aux fibres nerveuses, si l'aiguille de la péridurale perfore un nerf et que
le liquide y pénètre directement; une surdose de médicament
qui résulte en une profonde hypertension avec arrêt respiratoire et
cardiaque, et décès possible, une toxicité du système
nerveux central résultant d'une injection directement dans la veine épidurale.
La péridurale augmente les coûts de soins de santé maternels
et néonataux, ainsi que la responsabilité légale des professionnels
de la santé. D'autres interventions médicales, comme la perfusion
intraveineuse, un monitoring foetal continu, l'usage de médication additionnelle,
un cathéter vésical, une vérification fréquente de la
tension artérielle, l'administration continue d'oxygène, des forceps,
ventouses et épisiotomies deviennent souvent nécessaires en plus des
soins médicaux requis pour une péridurale. Elle peut prolonger le
travail, amenant possiblement le besoin d'accélerer les choses avec de l'ocytocine synthétique («syntocinon» en Europe; «pitocine» sur le continent américain).
Voilà le type d'argument qui était évoqué
contre l'usage de la péridurale en 1999.
A l'opposé de cet argument, nous avons cette brave assurance technophile
exprimée par Shapiro: «La péridurale permet maintenant
aux femmes une pleine conscience et un rôle actif durant le travail.»
25000$ de récompense
Notez bien: Il y a un offer nouveau à ci: http://www.spontaneouscreation.org/SC/links.htm
Shapiro se lamente d'une pénurie «d'experts» capables
de lui dire quoi faire. Même si je n'ai aucun diplôme médical,
je suis un expert à ma manière. Depuis huit ans, je me consacre
à la lecture des études en relation avec l'accouchement.
N'étant ni obstétricien, ni sage-femme, je n'ai aucun biais
professionnel.
Ce que j'ai découvert durant mes huit ans de recherche, c'est
qu'il n'y a aucune évidence scientifique, pas une seule étude
dans ce pays ou aucun autre, qui justifie l'usage de routine de la technologie
obstétricale.
En fait, les conclusions des études de recherches médicales
convergent si fortement en faveur de l'accouchement naturel, que dans
Midwifery Today d'automne 1998, j'ai publié une offre de 10000$
US à la première personne qui pourrait présenter
une étude publiée dans un journal scientifique, quel que
soient le pays et la période dans le temps, démontrant que
la naissance à l'hôpital est plus sécuritaire, pour
n'importe quelle catégorie de femmes et de bébés,
que l'accouchement à domicile avec l'assistance d'une sage-femme
compétente.
Personne n'a réclamé, ni tenté de réclamer,
cet argent.
À ce jour, je monte mon offre à 25000$ US. De plus, je voudrais
clarifier que le terme «sage-femme» n'inclut pas les «infirmières-sages-femmes»
(nurse-midwives) qui, à cause de leur formation médicale
traditionnelle, et en dépit de leurs bonnes intentions, amènent
avec elles à la maison un modèle d'accouchement médical
basé sur la peur, faisant ainsi glisser l'accouchement à
domicile du côté de la technologie. La peur, de toute manière,
est contagieuse.
La nouvelle offre de juin 1999 se lit ainsi:
Je soussigné, Jock Doubleday, paierai la somme de 25000$ US à
la première personne qui me présentera une étude
publiée dans un journal médical avec comité de lecture,
quel que soit le pays ou la période de temps, démontrant
que l'accouchement à l'hôpital est plus sécuritaire
dans toutes les catégories pour la plupart des femmes et des bébés,
que l'accouchement à domicile avec une sage-femme qualifiée.
Cette offre n'a aucune date d'expiration et annule toutes les offres préalables
de même nature.
(Pour répondre aux cyniques: bien que je soit président
d'un organisme sans but lucratif faisant la promotion de l'accouchement
naturel, l'argent que je mets en jeu n'est pas celui de l'organisme, mais
bel et bien le mien.)
Un étrange Nouveau-Monde
Il n'est pas facile de tuer un mythe. Vous avez besoin de l'aide d'un
professionnel. Mais dès que vous en tuez un, il devient plus facile
de tuer les autres.
Vaclav Havel, président de la république tchèque,
a écrit qu'une fois qu'on sort d'un mythe, «le monde prend
un étrange nouvel aspect».
Dans cet étrange Nouveau-Monde, les bulles mythologiques flottent
sereinement. Elles étaient invisibles pour vous, mais maintenant
vous êtes invisibles pour elles. Elles sont à votre merci,
ainsi que vous avez été à la leur toute votre vie.
Une très large bulle flotte vers vous. Autour d'elle, ces mots:
«Nous n'avons pas découvert de traitement contre le cancer.»
Vous faites une tentative pour la toucher: POP! Une autre bulle se déplace
dans votre champ de vision: «La cause du cancer est la nature, pas
la culture.» Vous l'atteignez et la touchez: POP! «Les soins
de santé se trouvent dans les flacons de médicaments, les
bureaux des médecins et les hôpitaux.» POP! «Les
outils peuvent améliorer la nature.» POP! «La technologie
est notre salvatrice.» POP!
Soudainement, vous réalisez que vous n'êtes plus un sujet
de l'Amérique commerciale—celle dont les publicités ont
tissé la fibre mythologique qui nous contrôle—mais vous
devenez un individu avec une liberté de sentiment, de pensée
et d'action, avec un potentiel aux possibilités infinies.
Shapiro conclut son article par une révérence à
la raison: «Si j'entends un discours sans équivoque contre
l'utilisation des médicaments, comme quoi ils constituent un danger
pour moi ou mon bébé, je ferai face à ma peur d'accoucher
et me préparerai à le faire sans médicaments.»
Je crois que cet article représente un discours sans équivoque.
Je crois que Shapiro doit affronter sa peur. Je crois qu'elle le doit
à son enfant à naître et à elle-même
pour sortir de la bulle mythologique dans laquelle elle vit depuis si
longtemps.
Je crois qu'il est temps qu'elle naisse elle-même.
Jock Doubleday est le président-fondateur de «Natural Woman, Natural Man, Inc.», un organisme sans but lucratif de la Californie, http://www.gentlebirth.org/nwnm.org
Bibliographie
Reclaiming Our Health: Exploding the Medical Myth and Embracing the Source of True
Healing, John Robbins and H.J. Kramer. 1996. Tiburon, California.
Magical Child, Joseph Chilton Pearce. 1977. Plume.
Obstetric Myths vs. Research Realities: A Guide to the Medical Literature, Henci
Goer. 1995. Bergin & Garvey, Westport, Connecticut.
Immaculate Deception II: Myth, Magic & Birth, Suzanne Arms. 1994. Celestial Arts, Berkeley, California.
"The Epidural Express: Real Reasons Not to Jump on Board", Nancy Griffin, dans Mothering, Spring 1997.
«Out of the womb, into the fire» est un jeu de mots basé sur
l'expression «Out of the frying pan into the fire», qui veut dire «De
Charybde en Scylla». [NDLT]
Pour voir d'autres articles en français, on vous invite à consulter la page d'entrée en français.
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